Éric Larchevêque est l’une des figures les plus reconnaissables du jury de Qui veut être mon associé ? sur M6. Né le 30 septembre 1973 à Boulogne-Billancourt, cet entrepreneur et investisseur français doit sa notoriété publique à deux réalisations majeures : la cofondation de Ledger, la licorne française de la sécurité crypto, et son rôle de juré dans l’émission phare de M6 depuis 2020.
De l’ESIEE à la première fortune crypto française

Éric Larchevêque sort en 1996 de l’ESIEE Paris, école d’ingénieurs, avec une spécialisation en conception des architectures de l’information. Dès sa sortie d’école, il crée ses premières sociétés. En 1998, il fonde Montorgueil SAS, un acteur des sites de rencontre et de divertissement en ligne, qu’il revend en 2007 à Rentabiliweb pour 22 millions d’euros.
Dans les années 2000, il fait une parenthèse dans le poker professionnel avant d’y renoncer en 2009 pour revenir à l’entrepreneuriat. En 2011, il lance Prixing, un comparateur de prix de grande consommation, lève 1,75 million d’euros et revend l’application au groupe HighCo en 2014.
C’est avec le produit de cette vente qu’il ouvre, la même année, La Maison du Bitcoin à Paris : le premier espace physique dédié à la blockchain et au bitcoin en Europe. Le lieu devient rapidement un point de ralliement de la communauté crypto française, avant d’évoluer en plateforme d’échange sous le nom de Coinhouse.
En 2014, Éric Larchevêque s’impose comme le pionnier de la cryptomonnaie en France à un moment où le mot « blockchain » ne figure encore dans aucun dictionnaire grand public.
Ledger : de la clé USB à la licorne
La même année, Éric Larchevêque cofonde Ledger avec Nicolas Bacca et Joël Pobeda. L’idée : un portefeuille physique, un objet à peine plus grand qu’une clé USB, permettant de stocker des cryptomonnaies hors ligne, à l’abri des piratages.
L’ambition initiale était de vendre 60 000 appareils. En 2017, lors du lancement du Ledger Nano S, 1 million d’unités sont écoulées en une seule année. Ledger s’impose alors comme le leader mondial des hardware wallets.
En mai 2019, Éric Larchevêque cède la direction opérationnelle à Pascal Gauthier et prend la présidence du conseil d’administration. L’entreprise lève en 2021 380 millions d’euros, franchit le seuil symbolique du milliard de dollars de valorisation et entre dans le club des licornes françaises.
Sa fortune personnelle, liée principalement à sa participation dans Ledger, est évaluée par le magazine Challenges en 2024 à 340 millions d’euros, le plaçant autour de la 392e fortune française.
Ledger n’a pas traversé cette croissance sans turbulences. En 2020, une fuite de données personnelles d’acheteurs expose des milliers de clients à des tentatives de phishing. Des procédures judiciaires s’ensuivent, notamment une tentative de class action en Californie. En 2025, l’entreprise sort un nouveau modèle haut de gamme, le Ledger Stax, au design signé Tony Fadell, créateur de l’iPod.
Son rôle dans « Qui veut être mon associé ? »
Depuis 2020, Éric Larchevêque siège au jury de Qui veut être mon associé ? (QVEMA), l’adaptation française de Dragon’s Den et Shark Tank, diffusée les mercredis soir sur M6. Le concept est simple : des entrepreneurs pitchent leur projet devant un panel de business angels qui décident ou non d’investir, en échange d’une part du capital.
Pour la saison 2026, il retrouve au jury Marc Simoncini (Meetic), Kelly Massol (Les Secrets de Loly), Anthony Bourbon (Feed) et Jonathan Anguelov, cofondateur d’Aircall. Le juré crypto apporte à l’émission une expertise que peu de ses pairs possèdent : une lecture des technologies de rupture et de la fintech décentralisée, loin des investissements classiques que l’on croise habituellement sur les plateaux.
Son parcours d’investisseur ne se limite pas à l’émission. Il a soutenu en amont des entreprises comme Alan (assurance santé digitale) ou Woleet (notariat blockchain), et a cofondé en 2022 ALGOSUP, une école informatique à Vierzon formant des développeurs BAC+5, fermée en juillet 2025 faute d’équilibre financier.
Un entrepreneur aux positions tranchées
Au-delà du business, Éric Larchevêque s’exprime sur les sujets politiques avec une constance qui dérange autant qu’elle attire. Ses positions s’inscrivent dans une philosophie libertarienne assumée : opposition à la taxe sur les grandes fortunes (taxe Zucman), admiration déclarée pour les modèles Trump-Musk, appel des jeunes entrepreneurs à quitter la France en 2025.
Après l’enlèvement de son associé David Balland par des criminels ciblant des acteurs du secteur crypto, il plaide pour le port d’armes de catégorie B pour les professionnels de la blockchain. Ces prises de position lui valent une visibilité médiatique croissante, bien au-delà du seul cadre de QVEMA.
Il est aussi auteur de deux ouvrages publiés chez M6 Éditions : Entreprendre pour être libre (2024) et La stratégie Bitcoin (2026), co-écrit avec l’éditeur Michel Lafon.






