Un étudiant étranger titulaire d’un emploi peut transformer son titre de séjour étudiant en titre salarié. La demande se dépose en ligne sur le portail ANEF, dans les deux mois qui précèdent l’expiration de la carte étudiante. Condition clé en 2026 : un salaire brut d’au moins 2 734,55 € par mois pour éviter que la situation de l’emploi soit opposée.
Qui peut demander le passage du statut étudiant au statut salarié ?
La démarche vise l’étudiant étranger qui détient une carte de séjour étudiant valide et qui décroche un contrat de travail ou une promesse d’embauche en France. Le CDI, le CDD et certains contrats en alternance ouvrent la voie au titre salarié ou travailleur temporaire.
La demande déclenche une autorisation de travail instruite en même temps que le changement de statut. L’employeur fournit les pièces qui prouvent l’emploi proposé. Sans cette autorisation, l’embauche reste bloquée.
Quel salaire pour échapper à l’opposabilité de l’emploi ?
L’administration vérifie la situation de l’emploi : elle peut refuser un poste qu’un demandeur déjà présent sur le marché du travail pourrait occuper. Cette règle s’appelle l’opposabilité de l’emploi.
Un seuil de rémunération neutralise ce contrôle. En 2026, un salaire brut égal ou supérieur à 2 734,55 € par mois, soit 1,5 fois le SMIC, écarte l’opposabilité. Au-dessus de ce montant, l’administration n’examine plus la disponibilité de candidats locaux et se concentre sur la régularité du dossier.
Sous ce seuil, le poste reste soumis au test de l’emploi, sauf métiers en tension figurant sur la liste officielle. Un salaire conforme au marché et au minimum conventionnel renforce alors le dossier. Côté employeur, mieux vaut anticiper le budget réel de l’embauche, car le coût total d’un salarié pour l’entreprise dépasse largement le net versé.
Quels documents réunir pour le dossier ?
Le portail réclame des pièces numérisées lisibles. Un dossier incomplet rallonge l’instruction ou provoque un refus. Voici les justificatifs attendus :
- Passeport en cours de validité (pages d’identité et visas)
- Titre de séjour étudiant ou visa long séjour valant titre (VLS-TS)
- Contrat de travail signé ou promesse d’embauche datée
- Diplôme obtenu ou attestation de réussite
- Justificatif de domicile récent
- Trois photos d’identité aux normes
L’employeur joint de son côté les éléments relatifs au poste et à la rémunération. Un contrat précis sur la fonction et le salaire accélère la validation de l’autorisation de travail.
Comment déposer la demande sur l’ANEF ?

La procédure passe par le portail ANEF, espace numérique des étrangers en France. Le demandeur crée son compte, sélectionne le motif salarié et téléverse chaque pièce. Le dépôt génère une confirmation et, le moment venu, un récépissé qui maintient le droit au séjour pendant l’instruction.
Le calendrier compte. Le dépôt s’effectue dans les deux mois qui précèdent la fin de la carte étudiante. Beaucoup de préfectures conseillent d’anticiper et d’engager la démarche jusqu’à quatre mois avant l’échéance pour absorber les délais. Une taxe de délivrance, autour de 225 €, s’acquitte par timbre fiscal à la remise du titre.
Quels délais après le dépôt ?
L’instruction dure en général deux à quatre mois. Le récépissé autorise le séjour et, selon les cas, le travail pendant cette attente. La décision favorable débouche sur une carte de séjour salarié, souvent pluriannuelle, retirée en préfecture. Un suivi régulier du dossier sur l’ANEF permet de répondre vite à toute demande de pièce complémentaire.






