Prix du cobalt : à combien se négocie la tonne et pourquoi il flambe

Le cobalt s’échange autour de 56 290 dollars la tonne fin mai 2026, soit près de 56 dollars le kilo. Ce niveau reste stable sur le dernier mois mais dépasse de 67 % le cours d’il y a un an. Derrière ce chiffre se cache une matière première stratégique, indispensable aux batteries et aux moteurs d’avion, dont le marché a basculé en moins de douze mois.

Quel est le prix du cobalt aujourd’hui ?

Des pièces métalliques sur mesure alignées sur un établi industriel sous un éclairage précis qui fait ressortir leur finition détaillée.

Le cours de référence s’établit à 56 290 USD par tonne au 28 mai 2026 sur le marché des contrats financiers qui suivent le cobalt physique. Ramené au kilo, cela représente environ 56 dollars, un repère utile face aux recherches sur le prix au kilo.

Ce niveau ne doit rien au hasard. Le cobalt a touché un plancher de 21 550 dollars la tonne au creux du cycle, puis un record historique de 95 250 dollars en mars 2018. La cotation actuelle se situe donc à mi-chemin de ces deux extrêmes, dans une phase de tension marquée.

Le cobalt figure parmi les matières premières les plus volatiles et les plus chères du milieu des années 2020.

Les prix se forment sur le London Metal Exchange (LME), où le contrat standard porte sur une tonne, et sur des instruments de gré à gré. Cette mécanique boursière explique pourquoi le cours bouge vite dès qu’un signal d’offre ou de demande surgit.

Pourquoi le prix du cobalt a-t-il bondi de 67 % en un an ?

Le cobalt en chiffres (fin mai 2026)
56 290 $
la tonne (env. 56 $/kg)
+67 %
sur un an
+240 %
depuis debut 2025
70 %
de l’offre mondiale vient de RDC
Choc d’offre : la RDC a plafonne ses exportations a 96 600 tonnes (contre ~180 000 produites). Demande tiree par le vehicule electrique, plus de 60 % de la croissance sur l’annee.

La flambée tient à un choc d’offre brutal venu d’Afrique centrale, combiné à une demande qui refuse de céder. Les cours ont grimpé de plus de 240 % depuis le début de 2025 avant de se stabiliser au niveau actuel.

La RDC a fermé le robinet

La République démocratique du Congo fournit environ 70 % du cobalt mondial. En février 2025, lassées de voir leur production inonder le marché et écraser les prix, les autorités congolaises ont suspendu les exportations. La mesure, d’abord temporaire, est devenue durable.

Lire  Prix du kg de fonte chez le ferrailleur : combien vaut votre fonte ?

En septembre, le régulateur ARECOMS a instauré un système de quotas stricts plafonnant les exportations à 96 600 tonnes pour l’année. La RDC produisant habituellement près de 180 000 tonnes, le pays a divisé par deux l’offre de cobalt primaire d’un seul geste réglementaire. Des géants miniers comme CMOC et Glencore ont dû déclarer la force majeure sur leurs contrats, incapables de livrer un métal légalement bloqué. Un seul acteur capable d’orienter les prix à sa guise illustre bien la façon dont fonctionnent les marchés où la concurrence est imparfaite.

Une demande qui ne faiblit pas

Face à cette pénurie organisée, les usages tirent toujours les volumes vers le haut. Le véhicule électrique reste le premier consommateur, avec plus de 60 % de la croissance de la demande sur l’année écoulée. Les batteries nickel-cobalt-manganèse se sont imposées sur les modèles premium européens et nord-américains, après le reflux des chimies sans cobalt jugées trop limitées par temps froid.

L’aérospatiale et la défense renforcent cette pression. Le cobalt entre dans les superalliages des turbines de réacteurs, sans substitut viable, au moment où les budgets militaires gonflent. Les smartphones et ordinateurs portables haut de gamme, gourmands en oxyde de cobalt-lithium, ajoutent leur part.

À quoi sert le cobalt et qui le produit ?

Le cobalt est un métal dur, gris et brillant, au point de fusion élevé de 1493 °C. La chimie absorbe 58 % de la production, devant les superalliages, l’acier spécial, les carbures, les outils diamantés et les aimants.

Usage Part / rôle
Produits chimiques (dont batteries) 58 % de la consommation
Superalliages aéronautiques turbines, réacteurs
Acier spécial et outils carbures, aimants

Côté production, la RDC écrase la concurrence avec plus de 50 % du total mondial, loin devant la Russie (4 %), l’Australie, les Philippines et Cuba. Cette concentration géographique fait du Congo le véritable arbitre du marché. Le cobalt extrait ailleurs, en Australie, au Canada ou au Maroc, coûte plus cher à produire, ce qui alimente encore la hausse quand les acheteurs cherchent des sources hors RDC.

Quelles perspectives de prix pour le cobalt ?

Les modèles de Trading Economics anticipent un cours autour de 56 500 USD la tonne à la fin du trimestre et près de 58 800 dollars dans douze mois. La trajectoire reste donc orientée à la hausse, sans rupture violente attendue à court terme.

Le déficit structurel créé par les quotas congolais ne se résorbera pas vite. Plusieurs analystes estiment que le marché pourrait manquer de matière avant le milieu de 2026 si le plafond d’exportation tient. Tant que la RDC verrouille son offre et que les voitures électriques comme les moteurs d’avion réclament toujours plus de métal, le retour d’un cobalt abondant et bon marché paraît lointain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *