Avoir une baignoire dans son logement va coûter plus cher. Pas directement, mais via la taxe foncière. Depuis novembre 2025, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a lancé une opération de fiabilisation des données cadastrales qui touche 7,4 millions de propriétaires. Résultat attendu : une hausse moyenne de 63 euros par logement, avec des écarts importants selon la commune et les équipements présents.
Réforme cadastrale 2026 : l’essentiel en chiffres
7,4 M
de propriétaires concernés par la révision cadastrale
+63 €
de hausse moyenne de taxe foncière par logement
+5 m²
fictifs ajoutés par une baignoire dans le calcul cadastral
1970
dernière mise à jour du barème de confort — jamais révisé depuis
Source : DGFiP, novembre 2025
Comment la baignoire entre dans le calcul de la taxe foncière ?
La taxe foncière ne repose pas uniquement sur la surface réelle d’un bien. L’administration fiscale utilise la valeur locative cadastrale, un indicateur théorique qui intègre aussi le niveau de confort du logement. Ce système date de 1970 et n’a pas été mis à jour depuis.
Le principe est simple : chaque équipement de confort ajoute des mètres carrés fictifs à la superficie retenue pour le calcul. Une baignoire comptabilise +5 m². Ces m² supplémentaires gonflent la base imposable, ce qui se traduit directement par une taxe plus élevée.
Le problème ? Des millions de logements ont été rénovés depuis 1970 sans que les propriétaires déclarent leurs nouveaux équipements. La DGFiP veut corriger cet écart.
Le barème des éléments de confort et leur équivalence en m²

Voici les équivalences retenues par l’administration fiscale pour calculer la valeur locative :
- Baignoire : +5 m²
- Eau courante : +4 m²
- Douche : +4 m²
- Lavabo : +3 m²
- WC : +3 m²
- Électricité : +2 m² par pièce équipée
Un logement standard avec baignoire, eau courante, douche, lavabo, WC et électricité dans plusieurs pièces peut donc voir sa surface fictive augmenter de 20 à 25 m², ce qui, selon le taux communal appliqué, représente une hausse non négligeable.
Remplacer une baignoire par une douche italienne ne réduit pas nécessairement la taxe : si la baignoire avait déjà été déclarée, l’équivalent en surface est seulement ajusté de +5 à +4 m². Le gain réel reste marginal.
7,4 millions de logements concernés : qui va payer plus ?
La hausse concerne en priorité les logements anciens dont le confort a évolué sans déclaration. Les constructions récentes, elles, ont leurs équipements déjà intégrés dans les permis de construire et donc dans le calcul existant.
Selon une note confidentielle de la DGFiP datée de février 2026 et révélée par Le Parisien, les maires décideront eux-mêmes d’appliquer ou non cette majoration après les élections municipales. Les communes qui souhaitent l’activer devront le signaler à la DGFiP avant fin septembre 2026 pour une prise en compte sur la taxe foncière 2027.
Quelques données révélées dans cette note :
- 13 % des logements français n’ont toujours pas de chauffage déclaré (plus de 4 millions d’habitations)
- 855 000 logements ne disposent pas de toilettes selon les données cadastrales
- 158 000 logements sont enregistrés sans eau courante
Ces chiffres illustrent l’ampleur du décalage entre la réalité des logements et ce que le fisc enregistre.
Que faire si votre logement est mal déclaré ?
Avant d’attendre un redressement, mieux vaut vérifier soi-même sa situation. Trois actions concrètes :
- Consulter le formulaire 6675-M disponible sur impots.gouv.fr : il liste les équipements retenus pour la valeur locative de votre logement.
- Signaler une erreur auprès du service des impôts si un équipement mentionné n’existe pas ou ne correspond plus à la réalité.
- Régulariser une omission si des travaux ont été réalisés sans déclaration (une démarche volontaire vaut mieux qu’une correction automatique).
Les propriétaires dont la hausse dépasse la moyenne nationale de 63 euros recevront une notification dans leur espace personnel sur impots.gouv.fr. La hausse ne s’applique pas de façon uniforme : elle dépend du taux voté par la commune et du nombre d’équipements non déclarés dans le logement.






